Les centres de réadaptation de la DPJ sur la Côte-Nord font face à une réalité préoccupante : de plus en plus d’adolescents arrêtés pour des crimes violents y sont détenus.

Depuis le début de l’année, 16 jeunes contrevenants ont été placés sous garde au centre de réadaptation de Baie-Comeau. C’est un bond important lorsqu’on sait qu’auparavant, on comptait généralement une ou deux détentions par année.

Selon l’Alliance du personnel professionnel et technique, 13 de ces 16 adolescents provenaient de l’extérieur de la région. Plusieurs seraient liés à une nouvelle forme de criminalité où des jeunes des grands centres reçoivent des contrats par l’entremise de plateformes en ligne pour commettre des délits sur la Côte-Nord.

Une fois arrêtés, ces adolescents sont détenus quelques jours à Baie-Comeau avant d’être rapatriés dans leur région d’origine pour la suite des procédures judiciaires. Mais leur passage exerce une forte pression sur les ressources locales.

Le syndicat affirme que les intervenants se sentent de moins en moins bien préparés à accueillir ces jeunes, notamment en raison du manque de formation sur les gangs de rue. La situation est d’autant plus complexe que le centre de Baie-Comeau ne compte qu’une seule unité fermée, où cohabitent parfois de jeunes contrevenants accusés de crimes violents et d’autres adolescents suivis pour des problèmes de santé mentale.

Santé Québec Côte-Nord n’a pas souhaité commenter la situation.

Sur le plan judiciaire, ces adolescents sont jugés en vertu de la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents. L’objectif de cette loi est d’encourager la responsabilisation et la réinsertion sociale plutôt que la punition.

Les peines sont généralement de deux à trois ans dans un centre de réadaptation, mais dans les cas les plus graves, comme un meurtre au premier degré, elles peuvent atteindre jusqu’à dix ans. Dans certaines situations exceptionnelles, le tribunal peut même imposer une peine pour adulte.