Les tarifs douaniers américains de 50 % frappent directement Rousseau Métal, à Saint-Jean-Port-Joli. Si les emplois demeurent sécurisés à court terme, l’entreprise affirme qu’il est maintenant pratiquement impossible de planifier au-delà des trois prochains mois.
Son président-directeur général, Charles-Alexandre Paré, en entrevue récemment avec Le Placoteux estime que des tarifs aussi élevés s’apparentent davantage à un embargo qu’à de simples droits de douane. Après l’acier, dont les tarifs sont passés de 25 à 50 %, certains produits transformés sont également touchés.
La rentabilité de l’entreprise en souffre, tout comme certains projets d’investissement et d’automatisation. Malgré tout, abandonner le marché américain n’est pas envisageable. Rousseau Métal y est présent depuis une trentaine d’années et les États-Unis demeurent, avec le Canada, l’un de ses deux principaux marchés.
Pour faire face à l’incertitude, l’entreprise planifie maintenant ses activités par périodes de trois mois afin de pouvoir réagir rapidement aux décisions de Washington.
Charles-Alexandre Paré se montre par ailleurs critique envers les programmes d’aide gouvernementaux basés sur des prêts. Selon lui, ceux-ci ne font que repousser le problème. Il souhaite plutôt qu’une partie des revenus provenant des tarifs canadiens soit retournée aux entreprises touchées.
Le PDG réclame finalement un retour à la table de négociation entre le Canada et les États-Unis. Il qualifie la guerre commerciale actuelle de plus grand défi de sa vie professionnelle, tout en précisant que les ventes de Rousseau Métal continuent de bien se porter, malgré la situation.