Une restauratrice de la région a livré un puissant plaidoyer en faveur d’une meilleure reconnaissance de sa profession.
Perle Morency, copropriétaire des restaurants Côté-Est à Kamouraska et Pépita à Saint-Germain-de-Kamouraska, milite, entre autres, pour une meilleure valorisation de la profession de cuisinier. Elle constate que plusieurs restaurateurs de la région négocient actuellement avec une crise de la main-d’œuvre. La restauratrice espère une prise de conscience collective qui permettra, ultimement, de régler le problème pour de bon.
« Au Québec, le métier de cuisinier n’est clairement pas valorisé. Je pense qu’il y a aussi une réflexion sociale à avoir derrière ça, c’est-à-dire que se nourrir, c’est un besoin quotidien. Il va falloir aussi qu’il y ait un positionnement auprès des gouvernements. On sait qu’ils valorisent déjà, entre autres, les métiers de la construction, de la plomberie. Mais les cuisiniers aussi, ça commence à être très urgent qu’on valorise, puis que ça devienne un métier plus attrayant », de préciser la restauratrice.
Perle Morency se désole aussi que les restaurateurs soient encore la cible d’une image négative auprès d’une certaine tranche de la population. Celle qui est dans le domaine depuis plus de trente ans assure que sa profession a grandement évolué dans les dernières années.
« Y’a-t-il encore quelque chose d’une image négative? Parce que moi, je n’en connais pas, des restaurateurs qui font de l’argent au noir. Nous, on n’en fait pas d’argent noir chez Côté-Est. Les inspecteurs de Revenu Québec, ils débarquent là, je suis contente, ils viendront me vérifier. Y’a des nouveaux modèles, pis c’est le temps qu’on prenne plus au sérieux ces nouveaux modèles d’entrepreneurs et de restaurateurs qui sont 100% légaux. Il faut aussi qu’on considère ces acteurs-là comme importants et comme des moteurs économiques importants », de confier Perle Morency.
Un récent « cri de détresse » lancé par Perle Morency a récemment été viral sur les médias sociaux. Avec une touche de vulnérabilité, la principale intéressée a alors affiché ses craintes par rapport à son incapacité à recruter de nouveaux cuisiniers. Sa démarche a porté fruit, car elle a reçu de nombreux curriculum vitae dans les derniers jours.
« Ce que j’ai reçu, c’est incroyable. Mon message a fait le tour du Québec et il y a des gens qui sont prêts à déménager, à venir vivre ici, pour travailler. C’est positif, mais il a fallu que je me mette quand même dans une vulnérabilité », de conclure la femme d’affaires du Kamouraska.