Le projet de complexe industriel Hy2gen à Baie-Comeau est destiné à combler un vide dans l’est du continent nord-américain quant à l’approvisionnement en nitrate d’ammonium utilisé par les entreprises minières dans la fabrication d’explosifs.

La direction du projet Courant tenait cette semaine des séances d’information à Pessamit et à Baie-Comeau sur les aspects techniques des procédés qui seront utilisés sur ce projet de deux milliards et demi de dollars, dont la construction devrait débuter en 2027 dans le parc industriel.

Le Québec dépend présentement de l’approvisionnement international qui transite par camion jusqu’à la Côte-Nord.

L’autonomie industrielle que procurera le projet de Hy2gen à Baie-Comeau éliminera le camionnage du nitrate d’ammonium sur la route 138, puisque le produit final sera acheminé de l’usine de production jusqu’à Fermont où les clients prépareront, à même ces sites miniers, les matières explosives que procure ce produit.

Une production visée de 540 000 tonnes par année serait amplement suffisante pour approvisionner tout le Québec, selon le directeur du projet Courant, Ahmed Rahhali.

Le projet serait l’un des premiers au monde en termes de production décarbonée puisque le procédé utilisera l’eau brute du lac Lachasse, au lieu du gaz naturel.

L’eau est ensuite électrolysée dans la première usine pour conduire à la synthèse de l’ammoniac qui sera ensuite acheminé par canalisation souterraine dans la 2e usine de part et d’autre de la route 389 afin de participer à la fabrication de l’acide nitrique et ultimement du nitrate d’ammonium.

L’utilisation de l’eau, à la fois pour la production et le refroidissement des équipements, représenterait 625 mètres cubes à l’heure, ce qui est 6 fois moins que ce que la papetière de Baie-Comeau puisait dans ses meilleurs jours avec quatre machines à papier.

Ahmed Rahhali indique que la production de Hy2gen sera très compétitive en raison des économies de transport mais aussi de la prévisibilité de son coût pour les clients.