Les dirigeants de l’entreprise allemande Hy2gen, qui planifient la construction d’un complexe de production de nitrate d’ammonium décarboné à Baie-Comeau dès 2027, étaient les invités de la Chambre de commerce et d’industrie de Manicouagan jeudi midi à l’occasion d’un dîner-conférence.
Une centaine de gens d’affaires en ont appris plus sur l’échéancier du projet appelé Courant, estimé à deux milliards et demi de dollars, ainsi que sur les besoins en approvisionnement.
La multinationale vient d’amorcer les études d’avant-projet afin de préciser les détails d’ingénierie de l’usine qui influenceront la décision finale d’investir à Baie-Comeau au début de 2027.
Au printemps, Hy2gen s’attend à déposer son étude d’impact environnemental mais débute dès février l’information au public qui se traduira par deux soirées thématiques mercredi et jeudi prochains.
La construction du complexe sur 30 hectares dans le parc industriel Jean-Noël-Tessier devrait durer trois ans pour un début de production visé au milieu de l’année 2030.
Rappelons que le nitrate d’ammonium est utilisé dans la fabrication d’explosifs pour l’industrie minière qui, jusqu’ici, est importé de l’étranger dans l’est du Québec.
Le président-directeur général de Hy2gen, Cyril Dufau-Sansot, s’est fait rassurant dans le contexte de la guerre tarifaire que livre Washington à l’endroit d’autres pays et soutient que la chaîne d’approvisionnement sera sécurisée pour la clientèle minière.
Le pdg a confirmé la création de 300 emplois directs en 2030 avec la mise en opération mais la phase de construction exigera au plus fort des travaux le recrutement entre 1 000 et 1 200 ouvriers.
Les profils d’emplois et les fournitures requises pour Hy2gen seront principalement liés à l’électricité, au génie civil, au béton et à la chaudronnerie.
Les emplois seront mieux définis cette année, selon monsieur Dufaut-Sansot.
La direction évalue les retombées économiques régionales à trois fois supérieures à celles que procurent une aluminerie.
On exclut d’emblée le recours au navettage des travailleurs.
Et pour les citoyens qui seraient encore sceptiques par rapport à ce projet, le pdg signale que les investissements engagés dans les études sont trop importants et qu’en cas de contretemps, différents scénarios sont envisagés.