La grogne est palpable dans les Basques par rapport au plan de match du CISSS du Bas-Saint-Laurent sur l’avenir des soins de santé.
En entrevue sur nos ondes lundi matin, le Dr Maxime Martin, chef de l’urgence de l’hôpital de Trois-Pistoles, s’est dit heurté par la stratégie du CISSS. Selon lui, il est inhumain d’utiliser des statistiques d’une fréquentation d’un établissement régional pour justifier une diminution des services à l’urgence.
« Quand t’es une petite MRC, le volume de consultations est moins élevé. Est-ce que ça veut dire que parce que le volume de consultations est moins élevé que les gens méritent des soins de moins bonne qualité? Je trouve ça excessivement déplorable. On parle de moins de 6 % des cas critiques. Mais nous, ce ne sont pas des pourcentages. Chaque personne qu’on soigne, ce sont des grands-parents, des pères, des mères de famille qui ont le droit à des soins de qualité comme partout ailleurs », de mentionner Maxime Martin.
Maxime Martin se dit également préoccupé par le désir du CISSS de miser sur une desserte ambulancière rehaussée sur le territoire des Basques. L’objectif est de diriger les ambulances vers les établissements de Rivière-du-Loup, Rimouski ou Notre-Dame-du-Lac.
« C’est une décision qui est dangereuse, qui ignore complètement les besoins de la population. Imaginez-vous, vous habitez sur la rue Notre-Dame à Trois-Pistoles ou vous êtes au parc du Mont-Saint-Mathieu et vous faites une crise cardiaque. Actuellement, on a tous les soins nécessaires à Trois-Pistoles pour stabiliser ces patients-là. Ce qu’on est en train d’essayer de vendre aux gens, c’est que c’est bon pour eux de retarder ces traitements-là de 40 minutes », de dire Maxime Martin.
Le CISSS du Bas-Saint-Laurent tiendra des consultations publiques afin de dévoiler les grandes lignes de son plan de match pour améliorer les services de première ligne dans les Basques et au Témiscouata. Maxime Martin n’est pas dupe. À la lumière des informations transmises par le CISSS, les décisions sont prises.
« Quand on nous dit que le modèle n’est pas décidé d’avance, je pense qu’on a la démonstration assez claire que tout est décidé d’avance quant à l’orientation des urgences », de confier le médecin.
Maxime Martin ne cache également pas que le climat d’incertitude qui règne présentement à Trois-Pistoles incite certains de ses collègues à réévaluer leurs options pour la suite de leur carrière. Quelques-uns songeraient même à quitter le réseau public de la santé.