Les acteurs de l’industrie forestière et les producteurs acéricoles du Bas-Saint-Laurent se livrent un bras de fer avec comme enjeu le partage des terres publiques.
D’un côté, des industriels du bois craignent que l’ajout de potentiel acéricole sur les terres publiques viennent limiter l’accès à la matière première pour leurs usines. Selon Sébastien Bérubé, directeur général de Bégin & Bégin, il est primordial de conserver l’équilibre, sans quoi son industrie pourrait en souffrir.
« On trouve important, nous, maintenant, à ce moment-ci, de lever le flag pour dire, bien, écoutez, on considère que le développement de l’acériculture au Bas-Saint-Laurent a atteint un niveau raisonnable, ce qui fait qu’on doit se questionner régionalement pour dire, bien, peut-être que c’est le moment de ralentir de ce côté-là parce que ça commence à avoir des impacts pour l’industrie forestière », de préciser Sébastien Bérubé.
De l’autre, les acériculteurs souhaitent que le gouvernement respecte son engagement de permettre l’entaillage d’érables sur 2 000 hectares de terres publiques au Bas-Saint-Laurent. Aux dires de Justin Plourde, président des producteurs acéricoles du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie, il n’y a aucune place à la négociation sur ce point.
« Deux mille hectares, pour imaginer ça, c’est seulement 400 000 entailles. Ça représente 0,2 % du territoire public au Bas-Saint-Laurent. On ne pourra pas reculer là-dessus, c’est sûr et certain », de jurer Justin Plourde.
Justin Plourde estime que les producteurs acéricoles ne jouent pas à forces égales avec les acteurs de l’industrie forestière. Il croit même que le gouvernement du Québec, avec le ministre Jean-François Simard en tête, a un préjugé favorable à l’endroit des industriels du bois.
« Ce que M. Simard, le ministre Simard, a fait la semaine passée en région, c’est un affront, c’est une insulte, c’est du mépris envers les producteurs acéricoles. Il est venu en région, il n’a même pas osé nous faire signe. Il a passé la journée avec l’industrie forestière. C’est sûr qu’il y a un préjugé favorable envers l’industrie forestière », de déclarer Justin Plourde.