La nouvelle « loi Gabie Renaud » constitue un gain important dans la lutte aux féminicides ainsi que pour l’avancement de la cause féministe au Québec.
Cette loi, qui a été adoptée la semaine dernière, permettra à une personne préoccupée par le risque que peut représenter un partenaire intime de demander des renseignements confidentiels aux corps de police afin d’évaluer le niveau de dangerosité qu’il représente. Son adoption a d’ailleurs été saluée par pratiquement tout le monde, incluant les avocats de la défense de la région.
Laura Gagnon, administratrice au Centre-Femmes du Grand-Portage, estime que les impacts au quotidien seront importants, notamment pour les intervenantes. Ces dernières, avec l’application de la nouvelle législation, seront mieux outillées à accompagner les femmes dans leurs décisions, mais elles seront également en mesure d’avoir une meilleure évaluation des risques.
Les statistiques relayées par Laura Gagnon font état d’une situation qui est loin d’être idéale sur la scène régionale. En effet, ce sont plus de 400 interventions qui ont été réalisées au Centre-Femmes du Grand-Portage l’an dernier. La majorité de ces interventions avait un lien direct avec de la violence conjugale.
« Sur le terrain, on voit également une réalité qui est préoccupante, pis c’est la violence post-séparation. On peut en parler, quitter un conjoint qui est violent, ça ne met pas fin à cette violence-là. Il va y avoir de la violence qui va passer, par exemple, par le système judiciaire, du harcèlement, du contrôle, pis malheureusement, ça peut même passer par la manipulation par les enfants », de préciser Laura Gagnon.
Questionnée à savoir si une adoption plus précoce de ce type de loi aurait pu faire une différence, Laura Gagnon ne peut pas quantifier l’impact supposé. Cependant, elle estime que la nouvelle ressource sera un atout indéniable pour les années futures.
« C’est vraiment quelque chose qu’au Centre-Femmes du Grand-Portage, on va vouloir mettre de l’avant. C’est une ressource qui est disponible. C’est une ressource qu’on souhaite que la population soit au courant et que les femmes l’utilisent », de confier Laura Gagnon.