La fermeture du détroit d’Ormuz, en février dernier, a entraîné une vague d’inquiétude chez les agriculteurs de la région.
Il faut savoir que le tiers du commerce mondial d’engrais transitait, entre autres, par ce détroit. Les producteurs agricoles de la région avaient ainsi des raisons de craindre pour leur approvisionnement en vue de leur saison.
Quelques mois plus tard après la fermeture du détroit en raison de l’agression militaire de l’Iran par les États-Unis, le pire a été évité de justesse. Aux dires de Luc Bérubé, propriétaire de la ferme pistoloise Pommes de terre Bérubé, les producteurs régionaux ont reçu, pour la plupart, les volumes nécessaires. La marge de manœuvre était toutefois limitée et les réajustements en cours de saison ont été coûteux.
« C’est sûr que ce sont les coûts. Entre les premières commandes de volume d’engrais qu’on a pu faire au début du mois de mars et les réajustements effectués en avril et au mai, il y avait déjà une augmentation d’un bon 5 à 10 %. Ce qui fait que si on regarde les prix payés, le gros impact a été sur le coût. Grosso modo, un bon 30 % d’augmentation par rapport à l’année passée en termes de frais au niveau des fertilisants », de confier Luc Bérubé.
Comme la vente de ses récoltes se négocie des mois à l’avance, Luc Bérubé ne peut pas augmenter ses prix afin d’honorer ses contrats. Et lorsqu’il pourra faire fluctuer à la hausse ses factures, il devra faire preuve de prudence.
« Est-ce que l’an prochain, on va être capable d’ajuster les prix, par exemple, en fonction de ce que ça a coûté cette année? C’est une bonne question. Ça va dépendre de l’état du marché, de la demande, de l’offre. C’est sûr que les cultures qu’on vend directement à la clientèle, on pourra faire un petit ajustement, mais il faut toujours être prudent avec les ajustements de prix. Il ne faut pas faire fuir la clientèle », de mentionner le producteur agricole.