La Chambre de commerce de la MRC de Rivière-du-Loup s’inquiète des répercussions de la guerre commerciale qui s’intensifie entre le Canada et les États-Unis.
En entrevue mardi matin à Ciel Fm, sa présidente-directrice générale, Claudette Migneault, a prévenu que le contexte actuel pourrait entraîner des conséquences importantes pour les entreprises de la région.
« Le climat d’incertitude est présent pour des entreprises notamment qui exportent ou encore qui utilisent des intrants en provenance des États-Unis. Rapidement, on va voir une répercussion pour CPE dans notre région. Au cours des prochaines semaines, lorsque les coûts d’importation vont arriver, puis que ça va être le temps de regarder le carnet de commandes. Alors là, on va voir un impact majeur au niveau de ces tarifs-là », de mentionner Claudette Migneault.
Selon elle, la situation géopolitique est sans précédent et risque notamment de faire grimper les coûts des matières premières et de l’énergie. Elle estime que plusieurs indicateurs laissent entrevoir une crise économique qui pourrait laisser des traces durables.
« On a juste à regarder ce qui se passe aux États-Unis, avec le conflit en Iran, l’essence. Tout ça tourne autour aussi de ressources naturelles qui sont importantes pour tous les pays. Donc, c’est sûr que ça va avoir des impacts. Le bois, ça en est un bel exemple. Avec l’aluminium, on a des entreprises dans la région qui travaillent au niveau de l’aluminium, de pièces automobiles. Donc, c’est sûr qu’il va avoir un impact à prévoir à court et moyen terme », de prévenir la présidente-directrice générale de la Chambre de commerce de la MRC de Rivière-du-Loup.
À la tête de la Chambre de commerce depuis cinq ans, Claudette Migneault doute également que les programmes d’aide annoncés par les différents gouvernements soient suffisants pour soutenir les entreprises touchées. Elle croit que les petites entreprises ne reçoivent pas toute l’attention nécessaire.
« Il faut le voir comme du court terme. Quand une entreprise est déjà fragilisée et qu’on vient lui donner un prêt qu’elle va devoir rembourser, ça je pense que c’est la critique majeure. Souvent, on pense aux grands, ceux qui font deux millions et plus. Le commerce du détail va être grandement touché aussi, parce qu’eux, ils relèvent directement de distributeurs et non de grandes chaînes d’approvisionnement. Donc c’est sûr qu’il va falloir qu’il y en ait pour tout le monde. Il va falloir aussi que ces programmes-là soient simplifiés », de plaider Claudette Migneault.
Enfin, Claudette Migneault estime que les entreprises devront se réinventer même après la fin du conflit tarifaire. Selon elle, les relations commerciales avec les États-Unis et l’économie canadienne ne retrouveront jamais complètement leur situation d’avant la crise.