La flambée des prix du pétrole provoquée par la guerre en Iran fait de nombreuses victimes collatérales.
Du lot, les entreprises œuvrant dans le domaine du transport. À Rivière-du-Loup, Steve Malenfant, propriétaire de Taxi Beaulieu, mange son pain noir. Contrairement à d’autres entreprises, il n’a pas le « luxe » de refiler cette hausse des prix de l’essence à sa clientèle, car les prix d’un trajet en taxi sont fixés par la Commission des transports du Québec. Il doit donc assumer par lui-même cette hausse soudaine du prix de l’essence.
« C’est sûr et certain que ça a des impacts importants, parce que nous, on n’a aucun contrôle sur le prix de nos taxis-mètres. (0:07) Donc, quand le prix de l’essence monte, si la Commission des transports ne réagit pas, on doit l’assumer nous-mêmes », de préciser Steve Malenfant.
Steve Malenfant utilise, en moyenne, près de 6 000 litres d’essence par semaine. La récente hausse de près de 20 cents du litre fait donc en sorte qu’il devra débourser plus de 1 000 $ de plus pour faire le plein de sa flotte de véhicules. Cette somme sera puisée directement dans sa marge bénéficiaire.
« Tout dépendant de la semaine qu’on est dans le mois, parce qu’avec l’achalandage, on parle d’une différence de 800 à 1 200 $ par semaine. C’est très, très, très majeur. On parle de 6 000 litres d’essence en moyenne par semaine que je prends », de mentionner le propriétaire de Taxi Beaulieu.
Les producteurs agricoles de la région doivent aussi négocier avec des impacts. En plus de payer plus cher pour l’essence qui alimente leur machinerie, ils doivent aussi débourser beaucoup plus pour certains fertilisants. Luc Bérubé, producteur de pommes de terre et de fraises à Notre-Dame-des-Neiges, parle notamment de l’azote, qui est fortement exporté du Moyen-Orient. La fermeture du détroit d’Ormuz crée donc un fort climat d’insécurité pour son industrie.
« Le Moyen-Orient, avec le pétrole qu’il y a là dans le fond, est une région où il y a une forte production d’azote. Et à peu près le tiers de l’azote qu’on utilise ici et dans le monde vient de ce secteur-là, donc transite par le fameux détroit d’Ormuz. Les navires ne sont pas en mesure d’acheminer la matière vers les destinations, donc ça a l’impact sur le prix global des fertilisants au niveau mondial. Donc c’est instantané comme effet », de dire Luc Bérubé.