Danielle Pilette, professeure associée à l’UQAM et spécialiste des affaires municipales, affirme que plusieurs petites municipalités du Québec ne survivraient pas sans l’aide des péréquations fédérales et provinciales.

Prenant pour exemple la situation de Saint-Louis du-Ha! Ha! au Témiscouata, qui consacre 58 % de son budget au service de la dette alors que la moyenne québécoise est de 14 %, Danielle Pilette compare ces communautés à des prestataires d’aide sociale.

« C’est sûr que c’est une municipalité qui structurellement vit comme de l’aide sociale. En d’autres mots, elle vivote, comme quelqu’un qui reçoit de l’aide sociale », de confier la professeure, qui sait que ses propos pourraient en offusquer plusieurs.

 

 

Pour Danielle Pilette, il y a une certitude qui ne fait aucun doute. Ces municipalités n’ont à peu près pas de perspectives d’amélioration de leur sort.

« C’est possible pour une municipalité comme dans ce genre-là, soit Saint-Louis-du-Ha! Ha!, c’est possible de donner très peu de services parce que de toute façon, il n’y a aucune perspective de développement. Parce que le marché immobilier, sauf peut-être certains terrains, il est absolument statique, et ce, de A à Z. Ça ne va pas changer à moins qu’on découvre, bien évidemment, une source ou une richesse naturelle un peu imprévue », de mentionner la spécialiste, qui assure que le cas de Saint-Louis-du-Ha! Ha! n’est pas unique.

 

 

Danielle Pilette affirme que la solution passe inévitablement par des regroupements de services. Selon elle, la clé n’est donc pas nécessairement un processus de fusion.

« Moi, personnellement, je préconise les regroupements de services avec d’autres municipalités quand c’est possible d’économiser, mais pas nécessairement la fusion municipale, parce que les gens qui sont sur place à Saint-Louis-du-Ha! Ha!, ils paient des taxes, ils ont droit à une représentation. Puis, la représentation politique, ce n’est pas ça qui coûte le plus cher, croyez-moi », de dire Danielle Pilette.