L’organisme Mères au front attendait quelque 250 personnes mais ce sont environ 150 qui se sont rendues dimanche après-midi au parc des Pionniers de Baie-Comeau pour signifier leur désaccord à l’implantation d’un pipeline de mille km et d’un terminal flottant de gaz naturel liquéfié dans la baie des Anglais par la compagnie Marinvest Energy.
L’on reproche à l’entreprise norvégienne son manque de transparence sur ces projets alors que les discussions avec le gouvernement fédéral se tiennent derrière des portes closes.
Mères au front a placé des dizaines de demandes d’accès à l’information mais la majorité des écrits lui parviennent caviardées par les autorités.
Sur la scène Loto-Québec dimanche, des personnalités ont pris la parole, comme des représentants de Greenpeace, du Bloc québécois, de la Table régionale des organismes communautaires, ainsi que l’autrice et artiste multidisciplinaire, Natasha Kanapé Fontaine, qui habite désormais Pessamit, sa communauté natale.
Madame Kanapé Fontaine a pu constater la dévastation environnementale qui a suivi des projets de GNL érigés au Dakota du Nord et dans l’Ouest canadien.
Elle indique à travers les témoignages d’autres autochtones de la dévastation forestière, des risques associés au cancer, de maladies infantiles, voire de l’exploitation féminine avec la construction de camps.
Pour l’autrice, une prochaine disposition du gouvernement libéral ferait en sorte que des projets industriels semblables seraient rapidement approuvés pour leur mise en œuvre.
Deux citoyennes engagées, Marie Lavoie et Marie-Philippe Bérubé, cette dernière étant la coordonnatrice de Mères au front Baie-Comeau, rappellent que les Québécois se sont souvent positionnés contre l’arrivée de projets d’énergies fossiles.
Le projet de Loi du gouvernement Carney leur fait craindre le pire.
Marinvest se manifeste aussi
Au lendemain de cette manifestation au parc des Pionniers, Marinvest Energy a émis un communiqué, annonçant son association avec la nation Atikamekw dans son projet de gazoduc entre l’Alberta et Baie-Comeau.
Il y est écrit que la Première Nation sera actionnaire majoritaire au sein d’une société de développement, Kino Aski GNL inc., et que 15 millions de tonnes de gaz naturel seront produites chaque année pour approvisionner l’Europe.
Marinvest prévoit la création de quatre mille emplois permanents au Canada durant l’exploitation, dont 60% au Québec.
Les investissements n’ont pas été chiffrés.
Marinvest soutient que le réseau de gazoducs sera certifié à faibles émissions de méthane afin de répondre à la demande européenne pour une énergie propre.