Les usagers qui profitent actuellement des installations de l’Auberge La Clé des Champs de Saint-Cyprien le font fort probablement pour une dernière fois.

C’est du moins l’avis du président de son conseil d’administration Alain Denis. En entrevue mardi matin, ce dernier est revenu sur les récentes images partagées par l’organisme qui accueille actuellement des personnes vivant avec des limitations intellectuelles ou physiques. Pour lui, l’authenticité des sourires qu’on retrouve sur les images partagées témoigne de l’engagement des employés qui vaquent aux activités quotidiennes du camp, mais aussi du plaisir ressenti lors du passage des utilisateurs au sein des installations. Alain Denis a d’ailleurs parlé d’un sentiment d’inquiétude, et ce, tant au niveau des familles impliquées que des employés actuellement à l’emploi de l’Auberge La Clé des Champs.

« On vit la même situation que celle de l’année dernière au niveau des camps d’été. Heureusement, l’an passé, on l’avait tenu aussi, ça avait bien fonctionné. Alors cet été, on a accueilli notre clientèle, mais on pense que ça peut être… Je pense que ça va être compliqué pour les prochaines fois. On pense bien que ça serait notre dernier camp d’été pour la clientèle déficiente intellectuelle et autiste », de déplorer Alain Denis.

 

 

Alain Denis demeure également sceptique devant le projet annoncé récemment par les dirigeants de La Maison du Lac Témiscouata. Cette entreprise est propriétaire de différentes résidences pour personnes aînées. Les dirigeants ont la volonté de transformer l’endroit en résidence d’une trentaine d’unités. Selon Alain Denis, les cinq places de convalescence qui pourraient accueillir des membres de sa clientèle actuelle ne sont pas suffisantes. Il se questionne également sur le travail effectué par Santé Québec Bas-St-Laurent, de qui il attend toujours signe de vie afin de clarifier les options de répit pour ses utilisateurs.

« Permettez-moi d’en douter parce qu’il y a, dans le fond, cinq places de répit, ce n’est pas suffisant. Comment ça va se traduire dans la réalité, je ne sais pas. Je ne suis pas capable de répondre à cette question-là. Santé Québec n’a pas donné de nouvelles depuis le jugement. La clientèle provient de chez eux, dans le fond, parce qu’ils ont suivi cette clientèle-là dans les familles d’accueil », de confier Alain Denis.