Le manque de main-d’œuvre spécialisée représente un défi grandissant pour Soucy Industriel, à Rivière-du-Loup.

Malgré des perspectives de développement intéressantes, l’entreprise peine à trouver des travailleurs possédant l’expertise nécessaire en construction navale, particulièrement en soudure. Une situation qui freine déjà ses ambitions, au point où elle a dû refuser certains contrats. Son président-directeur général, Frédérick Soucy, ne cache pas ses préoccupations devant cet enjeu.

« Présentement, on est en train de conclure un contrat pour la fabrication de quatre barges, comme en 2024 avec le groupe Desgagnés. On est obligés de doubler nos effectifs de soudeurs à l’atelier. Il va falloir aussi s’organiser pour mobiliser éventuellement une équipe à Cacouna afin de faire l’assemblage de ces modules-là. Concrètement, nous, on est déjà touchés pour 2027. On en a plus qu’on est capables d’en prendre », de mentionner Frédérick Soucy.

 

 

À plus long terme, l’entrepreneur estime que les métiers spécialisés devraient occuper une place encore plus importante dans les choix de carrière. Avec la progression de l’intelligence artificielle, plusieurs professions pourraient être appelées à se transformer. À ses yeux, les emplois manuels et techniques demeureront toutefois essentiels et mériteraient d’être davantage valorisés.

« Quand on parle de réparation, de chantier naval, de maintenance dans l’industrie minière ou d’installation d’équipement, ces métiers-là ne seront pas remplacés demain matin par l’intelligence artificielle. Il faut le faire entendre auprès des travailleurs et des personnes qui ont intérêt à évoluer dans ce domaine-là, et faire en sorte qu’on puisse sortir notre épingle du jeu », d’affirmer le patron de Soucy Industriel.

 

 

Par ailleurs, Frédérick Soucy affirme avoir été ébranlé par la décision récente du Centre de formation professionnelle Pavillon-de-l’Avenir de mettre fin à son programme en usinage. La disparition de ce programme risque donc d’entraîner des conséquences concrètes sur les activités quotidiennes de Soucy Industriel.

« Lorsque la nouvelle est tombée il y a quelques semaines, honnêtement, nous autres, ça n’a été une onde de choc, parce que c’est un métier qu’on exploite dans nos installations, mais aussi qu’on exporte dans différents sites, dans différents chantiers. C’est sûr et certain que cette expertise-là, ce service-là, est en péril. Il va falloir voir comment on se réorganise », de confier Frédérick Soucy.