Les propriétaires de l’ancien couvent de Trois-Pistoles, qui a été la proie des flammes dimanche dernier, ne savent pas s’ils pourront mener à terme un projet de reconstruction.
Philippe Dusseault, président-directeur général des Immeubles Must urbain, avait du mal à retenir ses larmes ce jeudi lorsqu’il a pris la parole devant les membres des médias. Il peine encore à accepter l’incendie qui a complètement ravagé l’immeuble qu’il avait acquis il y a quelques mois à peine.
« On l’a aimé ce projet-là, on l’a travaillé. À partir du moment où on s’implique, qu’on met de l’énergie et du temps, on se met à y croire. Plus on y croit, plus ça avance. On veut toujours arriver à terme et livrer le rêve qu’on fait avec le projet. Ça vient de partir en fumée tout ça », de mentionner Philippe Dusseault.
Emmanuelle Rousseau, chargée de projet et gestionnaire, avait la voix nouée par l’émotion. Elle confirme que l’avenir du site demeure en suspens. N’ayant pas d’assurance pour couvrir un tel sinistre, les propriétaires devront fort probablement débourser de leur poche pour couvrir les frais à venir, notamment s’ils décident éventuellement de reconstruire.
« La raison pour laquelle on ne le sait pas encore pour l’instant, c’est que quand on a acheté le couvent, il n’avait déjà plus d’électricité et d’eau. Alors, on a pris la très mauvaise décision de l’assurer juste en responsabilité civile. Donc, le bâtiment n’est pas assuré pour sa perte en tant que tel. C’est une perte nette. On cherche donc à contacter les parents des deux jeunes actuellement pour voir si eux, leur assurance-responsabilité à eux pourrait pas couvrir la reconstruction », de dire Emmanuelle Rousseau.
Philippe Dusseault tenait aussi à s’adresser aux deux adolescents qui sont à l’origine du déclenchement de l’incendie.
« C’est une super mauvaise décision, assurément. C’est un coup de niaiseux. Les répercussions n’étaient sûrement pas calculées, mais les conséquences sont vraiment tragiques. Ces gens-là doivent vivre avec ce poids-là, maintenant. C’est un poids sûrement colossal, immense. Et pour les enfants, et pour les parents. Il faut qu’ils prennent du soutien », de dire Philippe Dusseault.
Le nettoyage du site devrait être réalisé au printemps prochain. D’ici là, la Ville de Trois-Pistoles travaille sur différentes idées qui pourraient permettre de préserver la mémoire du bâtiment. De leur côté, les propriétaires souhaitent faire le tri parmi les débris de l’incendie. Ils pourraient éventuellement permettre aux citoyens de récupérer les pierres de la bâtisse, mais la patience est de mise, puisque le site est toujours considéré comme dangereux.