Une mobilisation lancée par la MRC de Manicouagan a rassemblé lundi matin au centre-ville Mingan à Baie-Comeau quelque 130 travailleurs de l’industrie forestière ainsi que des fournisseurs et des élus, inquiets de la crise forestière qui va entrainer en novembre prochain une nouvelle fermeture pour une durée indéterminée de la Scierie des Outardes.
On nous dit que les discussions se poursuivent à tous les vendredis entre le préfet Guillaume Tremblay, la direction de Domtar, propriétaire de la scierie, et le syndicat Unifor pour trouver des solutions à la situation qu’est venue empirer l’imposition des taxes de 45% à la frontière américaine.
Sur la Place Hauterive lundi matin, quatre des six candidats à la prochaine élection provinciale ont pu entendre les doléances des personnes impliquées et prendre bonne note des arguments énoncés.
La filière forestière contribue à injecter 150 millions de dollars dans l’économie nord-côtière à chaque année, selon Guillaume Tremblay, préfet de la Manicouagan.
Domtar assure que le problème n’est pas dans l’usine qui fonctionne depuis avril à 100 employés sur les 150 habituels afin d’écouler l’inventaire de bois coupé mais dans la distance qui la sépare de la récolte dont la ressource est située au-delà de 200 km au nord.
Les opérations forestières sont interrompues depuis les Fêtes de décembre dernier, ce qui met en péril des emplois chez des fournisseurs comme les entreprises Macpek et Boulons Manic dont les représentants Michel Perron et Sylvain Lagacé croient que les gouvernements doivent s’impliquer.
Le maire de Pointe-aux-Outardes, Julien Normand, a indiqué que les pertes en taxation pour la municipalité seraient de 20% – ou 400 mille dollars – si la Scierie des Outardes en venait à cesser complètement ses opérations.
Le directeur québécois du syndicat Unifor, Daniel Cloutier, est venu de Terrebonne pour dire aux citoyens que le régime forestier est mal adapté aux réalités vécues par la région et rappelle que le coût de la fibre sur la Côte-Nord est le plus élevé au Canada.
Il déplore d’ailleurs qu’aucun chef de parti aux prochaines élections n’ait daigné s’arrêter en Côte-Nord.