La santé du fleuve, qui déclinait ces dernières années, a connu une accalmie en 2025 mais les perspectives à long terme demeurent inquiétantes.

Les chercheurs scientifiques de l’Institut Maurice-Lamontagne ont dressé le bilan annuel de l’état de l’estuaire et du golfe du Saint-Laurent qui a subi d’importantes fluctuations au gré des changements climatiques.

Par exemple : les températures de surface du fleuve demeurent au-dessus de la normale pour une 5e année de suite, mais de façon moins marquée.

Cependant, les fonds marins sont particulièrement vulnérables à ce réchauffement des eaux qui entraîne un excès en gaz carbonique, car la diminution du taux d’oxygène a atteint plus de la moitié des eaux profondes de l’estuaire depuis 2014.

Or, les réponses des organismes marins devant cette signature chimique peuvent être multiples, dépendamment de leur capacité d’adaptation.

Dans les 15 dernières années, la désoxygénation en eau profonde a doublé, mais 2025 marque une certaine amélioration des conditions.

En l’occurrence, le zooplancton, dont se nourrissent les baleines et le capelan entre autres, est retourné à une biomasse normale après quatre années consécutives de valeurs faibles.

Quant à la faune sous-marine, les scientifiques de l’Institut ont observé une augmentation récente des populations de harengs, des thons rouges et des sébastes, mais la baisse des débarquements de crevettes s’est malheureusement poursuivie.

En revanche, la situation du homard en 2025, dont la pêche est la plus lucrative au Canada, a connu une embellie parce que l’espèce a migré vers les eaux plus froides du Saint-Laurent qu’elle voit comme un refuge devant le réchauffement des eaux de la côte est des Etats-Unis.

Cela a provoqué une forte expansion dans les régions du Québec, au point que Pêche et Océans Canada songe à émettre des permis de pêche commerciaux dans de nouveaux secteurs du fleuve qui n’avaient jamais été exploités.