Des dizaines de travailleurs de l’industrie saisonnière vivent actuellement la période du trou noir, ce temps dans l’année où ils se retrouvent sans revenu parce que le versement de leurs prestations d’assurance-emploi prend fin avant qu’il puissent retourner de nouveau au travail.
La période peut s’étendre jusqu’à 18 semaines sans prestations.
‘Indispensables l’été, oubliés l’hiver’, ‘Nos factures ne sont pas saisonnières’, tels étaient les slogans brandis par des citoyens sur des pancartes mardi dernier, alors que l’organisme Action chômage Côte-Nord avait préparé une mobilisation le long de la route 138 pour les automobilistes qui circulaient entre Tadoussac et Sept-Iles.
Pour Line Sirois, directrice d’Action chômage, le trou noir n’est pas une fatalité mais le résultat de paramètres mal adaptés aux régions ressources où les gens travaillent durant la saison chaude dans la foresterie, le tourisme, sur les pourvoiries, dans la construction et les pêches.
Line Sirois a rappelé que de recourir à l’aide sociale n’est pas toujours possible selon la situation personnelle de chacun : il reste alors aux travailleurs le choix de s’endetter ou de quitter la région pour y trouver un emploi annuel.
En attendant une réforme du régime d’assurances par le fédéral, Action chômage a écrit aux deux députés de la Côte-Nord pour demander au gouvernement Legault de remettre l’aide temporaire que procurait Emploi Québec par des formations qui permettait d’améliorer les compétences et qui étaient accompagnées d’une allocation, mais cette aide n’a pas été renouvelée cette année.