L’incendie meurtrier survenu en mars 2023 dans un immeuble du Vieux-Montréal, qui a coûté la vie à une Beauceronne, est désormais considéré comme criminel.
Ce drame avait fait sept victimes et profondément marqué la région de la Beauce. Parmi elles se trouvait Camille Maheux, 76 ans, résidente de longue date de l’immeuble. Photographe documentaire reconnue, elle était bien connue du milieu artistique et de sa communauté. Sa famille, établie en Beauce, compte plusieurs professionnels respectés, dont des médecins et un notaire.
À la suite de l’incendie, les autorités avaient rapidement découvert des éléments suspects sur les lieux. La présence d’un accélérant avait notamment été évoquée pour expliquer la propagation rapide des flammes. L’enquête a alors été requalifiée en enquête pour meurtres par le Service de police de Montréal. Une enquête publique a aussi été demandée par le gouvernement du Québec afin de faire la lumière sur la tragédie. Pendant près de trois ans, aucun suspect n’avait été arrêté dans ce dossier complexe. Les victimes, dont plusieurs séjournaient dans des logements de courte durée, ont soulevé des enjeux de sécurité importants. Des problèmes comme l’absence de détecteurs de fumée et de fenêtres avaient été dénoncés.
Le bâtiment appartenait à l’avocat et homme d’affaires Émile Benamor. Le 18 mars, celui-ci a finalement été arrêté par le SPVM. Il fait face à une quinzaine d’accusations, dont homicide involontaire et négligence criminelle causant la mort. Les policiers des crimes majeurs ont procédé à son arrestation tôt en matinée. Il doit comparaître au palais de justice de Montréal le jour même.
Cette arrestation survient alors qu’on soulignait récemment le troisième anniversaire du drame. L’enquête a également révélé qu’un conflit criminel pourrait être à l’origine de l’incendie. Un proxénète et un client seraient liés aux événements ayant mené au feu. Toutefois, aucun suspect direct n’a encore été officiellement accusé pour l’incendie lui-même.
Par ailleurs, Émile Benamor est aussi lié à un autre incendie mortel survenu en octobre 2024. Une mère française et sa fille de 7 ans y ont perdu la vie dans un immeuble lui appartenant. Dans cette seconde affaire, deux jeunes hommes ont été accusés de meurtre. Les autorités évoquent un contexte d’extorsion impliquant des groupes criminels.
À la suite des deux tragédies, plusieurs inspections ont été réalisées dans ses immeubles. Des infractions au code de sécurité incendie ont été constatées à plusieurs reprises. Des amendes lui ont été imposées, notamment pour des issues de secours inadéquates. Des poursuites civiles et un recours collectif ont aussi été déposés par les familles des victimes. L’arrestation d’aujourd’hui marque une étape importante dans ce dossier, sans toutefois clore l’enquête.
Source: Radio Canada