Le CISSS du Bas-Saint-Laurent ouvre son jeu, sortant publiquement des statistiques pour justifier une éventuelle diminution des services dans les urgences de Pohénégamook et de Trois-Pistoles.

Selon le CISSS, les données démontrent clairement que les urgences sont peu fréquentées de nuit, que les cas graves y sont rares et que la majorité des besoins relèvent de la première ligne. Dans ce contexte, il y a lieu de repenser cette organisation afin d’assurer des soins et des services pérennes et sécuritaires.

Selon les données transmises pour les années 2023 à 2026, l’urgence de Trois-Pistoles reçoit, en moyenne, 34 visites quotidiennes, dont seulement 4 pendant la nuit. La situation est similaire à l’urgence de Pohénégamook avec une fréquentation quotidienne moyenne de 36 visites, dont 2 pendant la nuit. À Trois-Pistoles, 70 % des visites impliquent des situations non-urgentes et moins de 6 % sont des cas critiques. À Pohénégamook, le pourcentage des visites impliquant des cas critiques est à 2 %.

Le CISSS justifie aussi les décisions à venir par le fait qu’il manquera, d’ici 2029, 107 employés dans le Témiscouata et 39 dans les Basques, soit principalement des infirmières et des inhalothérapeutes.

Par ailleurs, le CISSS du Bas-Saint-Laurent tiendra une consultation publique à Pohénégamook le 17 février à 18 h. Le lendemain, la population des Basques sera invitée au même exercice. Le CISSS souhaite notamment offrir des soins à domicile bonifiés et un rehaussement de la desserte ambulancière, tout en préservant une accessibilité aux soins 7 jours sur 7, 24 heures sur 24. Il est aussi indiqué que les démarches en cours ne sont pas dictées par des impératifs financiers.

« Ces consultations ont pour objectif de déterminer un nouveau modèle de soins et services répondant mieux aux besoins de la population de ces deux secteurs du Bas-Saint-Laurent, et ce, en tenant compte d’enjeux importants et récurrents de main d’œuvre au Centre hospitalier de Trois-Pistoles et au CLSC de Pohénégamook. Cette situation est d’ailleurs appelée à se détériorer au cours des prochaines années, exposant ainsi ces deux milieux à des ruptures de services », de souligner Jean-Christophe Carvalho, président-directeur général du CISSS du Bas-Saint-Laurent.