Le texte récemment partagé par une Louperivoise, qui déplore les quatre féminicides survenus en 19 jours au Québec, a suscité énormément de réactions.

Rébecca Déraspe, une autrice qui est notamment à l’origine de la pièce de théâtre Janette, n’a pas mâché ses mots. Elle déplore la violence faite à l’endroit des femmes et incite les gens qui sont témoins de gestes violents de dénoncer les agresseurs. Son message, empreint de sensibilité, a été partagé des centaines de fois, attirant même l’attention des grands médias nationaux.

« Oui, dénoncer, c’est sûr que souvent, il faut que ça passe par ça. Mais c’est d’être là, puis d’être à l’écoute, puis de ne pas se fermer les yeux, puis de ne pas faire semblant qu’on n’a rien entendu quand on entend le voisin hurler sur sa conjointe ou sur ses enfants. Je pense que c’est ça, c’est important vraiment d’être conscient qu’on a un pouvoir, en fait, comme citoyen », de confier la Louperivoise.

 

 

Rébecca Déraspe se désole que son message, qui avait comme but de dénoncer la violence à l’endroit des femmes, ait été reçu négativement par certains internautes. En effet, à sa grande surprise, elle a reçu des messages haineux et violents rédigés notamment par des hommes en colère ou des trolls qui cherchent uniquement à provoquer. Elle a même lu, avec stupeur, des menaces de viol.

« Beaucoup de réactions d’hommes qui ont été très violents, verbalement à mon égard. Des hommes qui disent que je ne parle pas de la violence des femmes. C’est sûr que les femmes peuvent aussi être violentes, et je ne dis pas l’inverse, mais là, on parle de féminicide, ce n’est pas le même sujet », de déplorer Rébecca Déraspe.

 

 

Voici l’intégralité du message partagé sur les médias sociaux par Rébecca Déraspe :

Quatre femmes ont été tuées en dix-neuf jours
Par des mains
Qu’elles ont déjà embrassées en pensant « je l’aime »
Quatre
En dix-neuf jours
Faque quoi ?
C’est tout ?
On hausse les épaules en mode « c’est pas de nos affaires »
Chaque féminicide est une tragédie qui nous concerne
Parce que fuck me que vous avez jamais été témoin
D’un haussement de ton qui fait peur
D’un doigt trop insistant pointé sur le visage d’une amie d’une sœur d’une voisine
D’un commentaire qui vient avec l’écho d’un quotidien de reproches
Faut arrêter de compter le nom des victimes
En sirotant sa limonade de « pas chez moi »
Quatre femmes en dix-neuf jours
Qui ont reçu un cadeau à Noël
Qui ont fait une soupe aux pois pour réchauffer quelqu’un en rentrant de dehors
Quatre femmes qui ont sûrement fait le décompte de la nouvelle année
Les yeux pleins d’espoir
Qui se sont peut-être même souhaité de l’amour enfin de l’apaisement quelque chose quelque chose pour tenir en 2026 c’est l’amour qui va gagner – qu’elles se sont peut-être promis
Si le système est pas capable d’être un vrai filet
Si la société échoue à protéger les victimes
On peut tu au moins ouvrir nos bras nos yeux ou notre gueule
Quand la violence s’impose sans nécessairement dire « me voici» ?
Ah pis heille : t’es pas capable de gérer tes émotions ?
Même la peine se transforme en violence ?
Les enfants parlent trop fort pis ça te donne envie de taper dans le mur ?
Ça commence à devenir ton criss de problème
Pis un problème
Ça se règle
Va chercher de l’aide
Pis arrête d’espérer que ta rage s’apaise toute seule
Parce que si ta violence vient sûrement d’un cycle de souffrance né ben avant toi
Maintenant
À l’âge adulte
Casser ton lego quand t’es pas content
Pis pleurer après en t’excusant
Ça marche pus
Aujourd’hui t’es responsable de prendre ce petit gars-là dans tes bras
Pis d’y promette que toi
Monsieur l’adulte
Tu vas toute faire pour l’aider